En avançant sa proposition de droit opposable à l'éducation, totalement surréaliste, et en insistant sur les enfants handicapés, Nicolas Sarkozy savait très bien la réaction qu'il allait provoquer chez la candidate. Dans la salle de la fédération PS de la sarthe où je suivais le débat, des militants ont vu venir la colère de Ségolène Royal qui avait mis en place le programme Handiscol supprimé ensuite par la droite.
Ainsi, Nicolas Sarkozy a sans doute réussi son objectif pour ce débat : arriver à se contenir tout en faisant sortir son adversaire de ses gonds là où tout le monde pronostiquait le contraire. Il a pu placer une petite phrase peu après l'altercation : « ce n'est pas en perdant ses nerfs que l'on peut exercer le rôle de chef de l'État ». Il ne peut que s'en satisfaire dans cette inversion des rôles. Bien joué Nicolas.
Il y a toutefois de gros couacs dans sa stratégie :
- Ségolène Royal a qualifié le propos d'immoralité politique, résumant en cela tout ce que j'ai pu constater dans le discours du candidat (notamment à Bercy) et de ses principaux lieutenants (Fillon, Pécresse, Dati...),
- Elle a démontré sa capacité d'indignation et rejoint en cela Jacques Chirac dans ses quelques bonnes interventions de Président (comme à Jérusalem),
- il a convaincu ceux qui, à gauche, hésitaient à voter pour Ségolène Royal puisqu'il a rappelé l'une des mesures sociales prises par Ségolène Royal et celle-ci a démontré, par sa réaction, son attachement profond à la fraternité, sujet sur lequel il est nul.
Enfin, et de très loin, c'est lui qui, tout au long du débat, s'est montré le plus hésitant, allant jusqu'à dire "avec moi ce sera pire", lapsus révélateur. C'est elle qui s'est le plus affirmée, prenant le dessus dès le début, menant le débat...
Comme elle l'a dit, « Non M. Sarkozy, tout n'est pas possible en politique »